

Nouveau tournant ce jour à Yaoundé dans le dossier relatif à l’assassinat du journaliste Martinez Zogo.
Le procès devant le Tribunal militaire de Yaoundé est renvoyé à délibéré pour le 19 mars 2026. Autre élément majeur : le collège des juges a été changé. Un nouveau collège est désormais en charge du dossier et devra notamment se prononcer sur la mise en liberté de Jean-Pierre Amougou Belinga, président du Groupe L’Anecdote
Un changement de collège aux implications stratégiques
Le remplacement du collège des juges constitue un développement procédural significatif.
Dans les affaires sensibles, un nouveau collège implique :
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Une réévaluation complète du dossier,
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Une nouvelle appréciation des éléments de preuve,
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Une lecture indépendante des décisions antérieures.
Ce collège devra statuer sur la situation judiciaire de Jean-Pierre Amougou Belinga, notamment en matière de détention provisoire.
Rappel : l’ordonnance du juge Sikati
Il est utile de rappeler que le juge d’instruction Maître Sikati avait ordonné, à un moment clé de la procédure, la libération de Jean-Pierre Amougou Belinga, estimant avoir mené à terme son instruction.
Selon les éléments communiqués :
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25 témoins ont été auditionnés devant le tribunal militaire à ce jour,
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Aucun témoignage n’aurait établi une implication directe de l’homme d’affaires dans les faits criminels.
Cette constatation a renforcé, chez une partie de l’opinion publique et de la diaspora, un sentiment de doute quant à la solidité des charges initiales.
Le rôle déterminant de la Chambre d’accusation
Renvoyée devant la Chambre d’accusation de la Cour d’appel du Centre, l’affaire connaît ainsi un nouveau rebondissement judiciaire majeur.
Au Cameroun, la Chambre d’accusation :
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Contrôle les ordonnances du juge d’instruction,
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Apprécie la régularité de la procédure,
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Peut confirmer, infirmer ou réformer les décisions rendues en première instance.
Elle ne juge pas le fond, mais son analyse peut consolider ou fragiliser l’architecture juridique du dossier, influençant directement la suite devant le Tribunal militaire.
Le procès-verbal de libération au cœur des débats
Le procès-verbal signé par le juge Sikati fait aujourd’hui l’objet d’un examen attentif :
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Pour la défense : il démontre que les charges n’étaient pas suffisamment consolidées.
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Pour les parties adverses : il s’inscrit dans une procédure encore évolutive.
Le nouveau collège devra apprécier si les actes posés respectent strictement les dispositions du Code de procédure pénale.
Dimension publique et opinion nationale et internationale
Au-delà du cadre judiciaire, Jean-Pierre Amougou Belinga reste une figure influente dans l’espace médiatique et entrepreneurial camerounais.
Son image publique — marquée par des actions sociales et un discours en faveur de la jeunesse — nourrit un soutien perceptible, au Cameroun comme dans la diaspora.
Cependant, dans une affaire ayant profondément marqué l’opinion, la question centrale demeure : la manifestation complète de la vérité judiciaire.
Prochaine échéance : 19 mars 2026
La décision attendue à cette date ne constituera pas un jugement sur le fond de l’affaire, mais elle pourrait orienter de manière décisive la suite de la procédure.
Entre exigences procédurales, débats sur la régularité des actes d’instruction et forte attente populaire, l’affaire entre dans une phase juridiquement stratégique où chaque décision pèsera lourd.
Guy EKWALLA







